

Belgique, Province de Liège, à environ 11 km au sud-est de Waremme, à environ 25 km à l'ouest de Liège.
Jusqu’à présent l’existence de la commanderie de Haneffe n’était connue que par la mention du Commandeur Gérard de Villers dans un record donné à Limont le 22 septembre 1305.
Or il s’avère que le 11 mai 1271, frère Wautiers, Commandeur de « Heneffe » recevait par devant l’official de Liège, 14 bonniers de bois situés sur le chemin de Hardument et longeant la rivière de Jaeker.
On peut donc penser que Haneffe ait été une possession templière fondée dans cette partie du XIIIe siècle, période durant laquelle Gérard de Villers possédait une grande influence dans tout le territoire de la principauté de Liège.
Le domaine de cette commanderie se calculant uniquement d’après l’inventaire de 1313 qui signale que les propriétés consistaient « en 90 bonniers de terres arables dont chacun pouvait rapporter annuellement 2 muids d’épeautre ; 1 bonnier et demi de près rendant trois charretées de foin et 14 bonniers de petits bois rapportant de dix ans en dix ans plus ou moins 20 sous tournoi». Serait ce le bois reçu en 1271 car devant la région on ne voit pas de grandes forêts. On devait donc à la maison de Haneffe une dîme s’élevant à 50 muids d’épautre.
D’autres écrits plus récent mentionnent l’existence de la ferme de la Commanderie de Haneffe en 1265 dans une charte relative à la vente d’une terre.
En 1312, lors des poursuites contre les Templiers, elle passe dans l’Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (appelé Ordre de Malte au 16e siècle).
Nous ignorons si cet ordre a occupé la maison, mais dès 1371 des archives relatent « l’accensement » de la maison à Wautier de Rochefort, seigneur de Haneffe et d’Ochain.
En 1503, un procès verbal relate aussi que la maison est baillée à un fermier qui perçoit les revenus des domaines et les taxes perçues. A charge pour lui d’entretenir les édifices et de faire desservir la chapelle trois fois pas semaine et les jours de fêtes.
En 1797, la Commanderie est déclarée « bien national » et vendue au citoyen Gérard Demet.
Depuis 1920, la ferme appartient à la famille Reginster de Freloux et est actuellement exploitée par la famille Tirtiaux.
La ferme a gardé une disposition assez homogène, bien qu’ayant subit de nombreuses transformations.
Elle montre une commanderie rurale, conforme au plan cistercien où tous les bâtiments forment un carré autour d’une cour centrale.
Elle est accessible par une porte charretière surmonté d’un pigeonnier. Encadrée de chaînages harpés, la porte est surmontée du millésime «1761» et des armes de Jacques-laure le Tonnelier de Breteuil (1723-1785), Commandeur de la Commanderie de Villers-le-Temple.
Ses armes se retrouvent aussi sur un bâtiment d’exploitations. La façade est a été sacrifiée pour les besoins de l’exploitation moderne.
Elle comprenait une grange avec une double porte charretière et des caves voûtées en plein cintre. Seule une pierre millésimée de 1589 aux armes du chevalier Claude de Noël de Conardin a été conservée.
La maison du censier a subi de nombreuses transformations.
Au dessus de la porte d’entrée, une pierre porte le nom de Perrot de Saint-Dié, également Commandeur de Villers-le-Temple.
Actuellement, la cuisine est agrémentée par une belle cheminée Louis XVI, de même que de deux portes en chêne de même style. Le fournil à gauche existe encore, pavé de pierres bleues. Ce bâtiment est séparé de la chapelle par un chemin de commodité et par une baie cintrée donnant accès au jardin.
La chapelle actuelle date du 17e siècle : en 1628, le chevalier Charles de Fontaine, Commandeur de Villers-le-Temple, l’a fait reconstruire.
Une pierre encastrée dans le mur nord de l’édifice porte encore l’inscription : « CESTE CHAPELLE A ESTE RE EDIFIEE PAR LE CDR DE LA FONTAINE A 1628 ».
En 1788, le rapport d’une inspection sur place décrit précisément la chapelle. Elle est évoquée comme étant « en maçonnerie de pierre dure, pavée en pierre bleue, plafonnée, couverte en ardoises ainsi que le clocher où est une cloche ».
La charpente préservée présente encore d’épaisses poutres en chêne. L’autel est dit en pierre et portant « un tableau peint sur bois figurant l’Agnus Dei (…) avec des gradins peints en blanc et jaune ».
Aujourd’hui, tout le mobilier liturgique – autel, calices, chasubles,… - a malheureusement disparu.
Vendue avec la ferme comme bien national en 1798, la chapelle n’en perd pourtant pas sa fonction. Jusqu’au siècle passé, trois messes pas semaine y étaient encore célébrées.
Au début des années 50, le bâtiment est désacralisé. Il sert alors d’étable pour l’exploitation agricole.
En 1962, l’édifice est classé en raison de sa valeur esthétique, mais progressivement, son état se détériore.
Vers 1970, un projet de restauration est mis en route par la propriétaire. Malheureusement, son décès survient alors que la restauration allait commencer. Le projet est alors abandonné.
En 1983, un groupe de bénévoles du village crée l’Asbl « Chapelle des Templiers ».
En 1994, une nouvelle équipe se met en place. Les projets se concrétisent, soutenus également par l’association « Qualité Village ». Un bail emphytéotique de 99 ans se conclut, le 1er Janvier 1996, entre le propriétaire et l’association « Chapelle des Templiers ».
Cette dernière est désormais détentrice jusqu’en 2094. Entre-temps, l’état de la chapelle se détériore encore. Des mesures d’urgence sont prises pour mettre hors eaux le bâtiment et déposer le clocheton.
Bibliographie