

France, département du Vaucluse, à environ 40 km au sud-est de Montelimar et 25 km à l'ouest de Nyons.
En 1118, est fondé l'Ordre du Temple, ordre militaire et religieux ayant pour mission de protéger les pèlerins se rendant en terre sainte. A partir de 1128, les Templiers parcourent l'Europe afin de recruter de nouveaux Chevaliers du Temple et de solliciter de nombreux dons pour mener à bien leur action.
Pour parvenir à la conquête puis à la défense des territoires en Palestine, l’ordre s’appuyait sur les richesses économiques produites par les Commanderies d’Occident. Ainsi, la Provence était une terre de rapport pour l’ordre.
En 1136, le seigneur Hugues de Bourbouton (petite seigneurie à 2km de Richerenches) et plusieurs de ses parents firent don de certaines terres à l'Ordre du Temple, dont celle de Richerenches, alors inhabitée et inculte. La première Commanderie des Templiers de Provence y fut créée. Ces terres furent données en francs alleu, à Dieu et au Temple, et pour toujours, pour que Dieu soit propice à leurs péchés et à ceux de leurs parents.
La Commanderie de Richerenches resta pendant quelques temps la plus importante en Provence. Au même titre que celles d’Arles, d’Aix ou du Col de Cabres, la Commanderie de Richerenches fut préceptorie ou chef de juridiction (les autres commanderies des templiers en dépendaient) à partir de 1138.
La Commanderie ne cessa de s’agrandir : elle fut installée dans un quadrilatère de 74 mètres au nord, 81 mètres au sud, 58 mètres à l'est et 55 mètres à l'ouest, entouré de remparts et de tours.
On y trouvait des logements, une chapelle, une forge, des bâtiments agricoles et des ateliers d'artisanat. Elle s’enrichit également en terres et en droits sur celles d’une foule de seigneurs voisins, étendant considérablement la faculté de l’élevage.
Les terres données à l’ordre par Hugues de Bourbouton étaient incultes, n’étant que garrigues, harmas, étang ou marais. Les moines convers travaillèrent à la fertilisation des terres en asséchant les marécages. Ils y créèrent une importante exploitation agricole.
En effet, l’Ordre s’approvisionnait en Occident des fournitures que l’état de guerre permanent ne permettait pas de produire en Palestine.
La Commanderie était devenue une véritable ferme-modèle, consacrée à l’élevage des chevaux et des moutons (leur laine était précieuse), à la culture du blé et de la vigne.
Le haras de la Commanderie était incomparable pour ce qui est des chevaux de combat, l’élevage y était très hautement perfectionné. On y produisait des destriers ayant la taille et la force recherchées pour soutenir le poids de l’armure du chevalier et la rudesse des chocs.
Les besoins de chevaux d’armes étaient immenses ; la plupart des chevaux étaient envoyés en Palestine.
En 1139, Hugues de Bourbouton entra dans l'Ordre comme chevalier et fit don de tous ses biens : il devint commandeur.
Au fur et à mesure des donations à l’Ordre, les Templiers essaimèrent et fondèrent d’autres commanderies dépendantes de Richerenches : à Orange, à Roaix, à Villedieu, à Montélimar. Comme la plupart des Commanderies de Provence, elles furent détruites durant les Guerres de Religion.
La Commanderie était à la fois une exploitation rurale productrice de ressources économiques et un lieu de séjour pour les jeunes Templiers en cours d’instruction ou pour de vieux Templiers devenus inaptes au combat. La vie de la Commanderie était une vie de prière et de travail, comme dans toute Commanderie, selon la règle de l’Ordre.
Les Templiers étaient des soldats : ils n’étaient dépositaires d’aucun secret de construction. Ils bâtissaient dans le style de la région ou de l’époque.
La première enceinte fortifiée était à l’origine sans doute plus petite que celle du village actuel. Un important village se groupa à l’abri de cette maison puissamment fortifiée. Le bourg actuel est la reproduction de l’ancienne Commanderie, sauf côté nord où l’enceinte a été agrandie.
Il ne reste de la chapelle templière que l’abside, qui est le chevet de l’église actuelle.
L’architecture du monument montre qu’il a été conçu comme une forteresse. Le caractère fortifié de la construction se constate par la présence de piles massives renforçant l’ensemble du bâtiment : par les mâchicoulis sur arcades disposés tout autour ; par l’existence d’une meurtrière conservée au premier étage sur le mur nord ; par l’épaisseur des murs, dans la partie la plus orientale de l’édifice ; et par l’étroitesse des fenêtres hautes.
A l’origine, le bâti comportait deux niveaux. L’étage inférieur était occupé par une salle. L’étage supérieur était occupé par une salle haute, vaste et soignée, en grande partie conservée. Celle-ci était voûtée d’un berceau brisé scandé d’arcs à doubleaux. Le rez-de-chaussée voûté en berceau a par contre été complètement détruit, seuls subsistent les arrachements. L’architecture du niveau le plus bas ne permet pas d’en deviner la fonction.
L’édifice a subi d’importants remaniements au XVIIIème siècle (cloisonnement intérieur, percement de baies, construction de la Maison des Notaires).
Les Templiers connurent un essor considérable dans le monde entier et eurent une telle importance que leur présence gênait le Roi de France Philippe le Bel. Aussi, en 1311, sous la pression du Roi, le Pape Clément V ordonna la dissolution de l'Ordre du Temple.
La Commanderie des Templiers fut alors abandonnée aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, autre ordre religieux et militaire mais beaucoup moins important qui l'abandonnèrent à leur tour au Pape Jean XXII en 1320. Richerenches devint alors territoire papal au même titre que Valréas et Grillon et Visan quelques années plus tard.
Durant le XIVème siècle, Richerenches, dévasté régulièrement par des brigands, fut totalement inhabité ; au XVIème siècle, en 1502 précisément, le Collège du Roure, nouveau propriétaire du village, passa un acte d'habitation afin de le repeupler : les premiers habitants vinrent s'installer dans les anciennes maisons templières qu'ils remirent en état. Le village s'organisa sur les plans de l'ancienne commanderie ; les maisons étant regroupées à l'intérieur des remparts.
Depuis, les choses ont bien changé ; le village s'est agrandi à l'extérieur des remparts et Richerenches est, à présent, une jolie bourgade provençale de 632 habitants.
De l'époque templière, subsistent :
Circuit du patrimoine :
Un cheminement signalétique dans le village explique la vie des Templiers et l’histoire de la Commanderie des Templiers. Départ devant le beffroi : celui-ci date du début du XVIème siècle et est situé sur la première et unique porte d’entrée à la commanderie à l’époque des Templiers. Il supporte l’horloge et le campanile en fer forgé.
En suivant ce cheminement, vous admirez le village, ses rues, ses jolies placettes, ses fontaines et ses beaux monuments, notamment :
Les commandeurs de Richerenches :
Le Centre Artistique et Médiéval de Richerenches :
Depuis le début de l'année 2003, le Centre Artistique et Médiéval de Richerenches s'est installé à l'intérieur de la Commanderie des Templiers. Une galerie d'art, regroupant des oeuvres d'art de plusieurs artistes régionaux en tous genres, est ouverte dans une magnifique salle voûtée.
D'autres projets doivent voir le jour prochainement, notamment : l'agrandissement de la galerie d'art, la création d'une échoppe et d'un musée templier, la proposition de spectacles médiévaux à l'intérieur de l'auditorium ...
Le Centre Artistique et Médiéval de Richerenches propose actuellement de nombreuses animations et manifestations : des stages artistiques dans diverses disciplines (sculpture, théâtre, chant lyrique, chant médiéval …), des pièces de théâtre et opéras, l’Académie Internationale de Musique (festival de théâtre, musique et chant lyrique en Août) et le Festival Médiéval (le 2ème week-end d’Août).
Prochaines dates :
Bibliographie