Les Templiers dans l'ancienne province du Velay

Documents : © Patrick Rossi

Les Commanderies


 SAINT BARTHELEMY et SAINT JEAN du PUY

Dès 1163, des donations interviennent en faveur des Templiers .
Pons de Miranda, femme et enfants donnent à St Jean du Puy toutes leurs terres de "Gorclonc" (Gourlong) et du mas "allas gatinas" plus une émine de seigle. Etienne de Pineto vend 50 sous un quart de vigne et le mas "del sab", Pons laurent, donne un champ en 1186.
Ils possédaient en outre, dans la ville et sa banlieue : 1 moulin sur le dolaison, le tènement de la Gazelle appelé "l'ouche du Temple", des droits de directe seigneurie sur des maisons place du Martouret, sur la prairie du pont de Suméne, des vignes au terroir de Lioussac près Ours, de Papelengue près Roche Arnaud et au Bessat près d'Espaly.
(L'ensemble de ces lieux sont actuellement des quartiers ou des agglomérations proche de la ville du Puy en Velay ).
Il semble qu'ils aient eu tout les droit sur la rivière "dolaison" puisque le 6 septembre 1332 Artaud de Fay autorise un bourgeois du Puy a prendre de l'eau dans cette rivière moyennant 4 sous tournois et 6 livres tournois d'introge*. L'eau coûtait déjà cher . Dès 1382, St Jean du Puy, possède plusieurs terres à St Haon, au lieu d'Escubac et le mas "des Seuils". Les habitants de Seneujols reconnaissent devoir guet et garde au château de St Jean du Puy en 1447.

Cette maison, dédiée à St Barthelemy était située hors les murs, proche du pont des Carmes, au fond de la prairie du Breuil proche de l'ancienne route du Vivarais.
Les bâtiments étaient entourés autrefois de hautes murailles qui dominaient sur la vallée du Dolaison et ne mesuraient pas moins de 1.8m d'épaisseur. De longs couloirs sombres et bas et des voûtes ogivales donnaient accès à de petites portes.
De rares ouvertures laissaient pénétrer dans la maison un filet de lumière. Une tour défendait l'entrée du monastère, percée de meurtrières et munie d'un pont-levis qui s'abattait sur un fossé naturellement formé par la rivière dolaison. Sentinelle avancée, elle protégeait la ville du Puy au midi et la commanderie de St Jean défendait le levant. Saint Barthélemy était chef des Commanderie du Velay.
Passant aux Hospitaliers, elle devient "filleule" de saint Jean la Chevalerie. C'est devant la chapelle, le jour de la St Jean Baptiste, que les officiers tenaient leur cour de justice.
En 1616, Saint Jean la Chevalerie membre de la Commanderie du Devesset, était composé d'une église paroissiale sous le titre de St Jean Baptiste dont le patronage et la collation appartenait au Grand Bailli. Le curé était un prêtre séculier qui portait la croix de l'ordre, trois autres religieux d'obédience l'assistaient.
Au XVII°, la chapelle n'est plus qu'un oratoire ou deux messes par an sont célébrées : à la St Jean et St Barthélemy. Ce qui restait de Saint Barthélemy, une chapelle, fut détruit en 1950, pour faire place au béton. Il ne subsiste aujourd'hui que la chapelle de Saint Jean la Chevalerie ( sise faubourg St Jean - Le Puy )


 Commandeurs ou Précepteurs du Puy : 

  1. Joucerand de St Didier - 1190
  2. Pierre Lelut - 1204
  3. Odon - 1205
  4. Raymond du Tiolent - 1218 à 1219 - descendait de la maison des seigneurs du Thiolent.
  5. Pons de Bains - 1228
  6. Rigaud de la Rode - Commandeur en 1233
  7. Jourdan de Cereix - 1270 - appartenait à la race des seigneurs de Cereys ( St Jean de Nay )
  8. Jourdan de Cereys - 1277 à 1284 - ( même famille que ci-dessus )
  9. Mainfroy de Châteauneuf - Commandeur en 1291

 Recteurs 
Marcelin de Marcelange d'Arçon, reçu le 18 décembre 1685 recteur de St Barthélemy, nommé par Gilbert de Fougère du Cluzeau, Grand Bailli de Lyon.
La Commanderie du Puy en Velay, avait son Maître, son chapelain, ses chevaliers, ses donats, ses familiers( domestiques). Toutes les autres commanderies velaves(*) dépendaient d'elle sous la juridiction du Grand Prieuré de Provence.
En 1254, le pape Alexandre IV leur permit d'avoir un cimetière a coté de leur église, mais en 1266, des contestations s'élevèrent au sujet de ce cimetière entre les chevaliers et l'évêque du Puy. ( les prêtres de diverses paroisses ne percevant plus l'obole pour la messe des morts )
Le pape Clément IV, qui avait occupé le siège épiscopale du Puy, intervint en 1268 et décida que : " Il leur serait permit de bâtir sur leurs terres des oratoires et dit enterrer les sujets de l'Ordre sans préjudicier cependant aux droits des curés ".
Guigon Malmouche, par testament daté de mars 1227, élit sa sépulture dans le cimetière du temple sis au Puy.
Jean Chalvon, prêtre de Notre-Dame, élit par testament sa sépulture au cimetière des templiers et lègue 20 livres pour son obit* le 30 janvier 1279.
Les membres de la famille Salvatges " Des Sauvages" y seront enterrés à partir du 7 août 1324. (In loco ipsus ecclesix superius imaginem depictam beatx Virginis Marix).
Certaines familles possédaient leur sépulture, dans les chapelles ou oratoires de l'Ordre
Plusieurs grades familles du Puy et du Velay donnèrent à l'Ordre des Templiers, chevaliers, chapelains, ou servants. Les chevaliers de Saint Jean administrent des biens considérables dans le Velay. Le responsable de la Commanderie n'est pas seulement attaché aux affaires de l'Ordre, mais il est aussi responsable de ses hommes et joue une rôle d'arbitre à la demande de plaignants, ainsi, le Grand Prieur, Raymond de Faÿ, présida comme aimable "compariteur" en 1347, aux excuses publiques, en réparations d'insultes et voies de fait, a l'encontre de bourgeois et consuls du Puy par un chevalier des environs de Loudes, Robert de la Bauche.

 Possessions :
Itier de Mirmande et Péronelle de Raphaël vendent aux Templiers, un pré nommé "Archimbaud" moyennat 40 sous du Puy, en 1215. Simon Richard, Commandeur en 1222 reçoit de Bernard et Robert de la Rochenegly un tènement situé à St Privat d'Allier.
Pons de Melgueil, Maître de la Maison du Puy en 1215 afferme la terre de Corsac " en deça et au deça de la Loire.( actuelle banlieue nord-est du Puy )
Hérail, seigneur de Montlaur donne en échange en juin 1236, aux Templiers du Puy, 3 mas situés à la Glutonie, Rossignol, Belvezet et les droits qu'il percevait, en échange, des droits que le Temple possède à Montcoudiol près d'Arlempdes, plus 500 sous et 15 setiers d'avoine. C'est trois mas sont situé non loin de la Commanderie de Chantoin. Hérail, seigneur d'Arlempdes se sépare de terres plus lointaines au profit d'un espace plus important autour de son château.
En 1248, le seigneur d'Arlempdes, Guillaume Armand, vend au Temple du Puy ses droits sur des tènements situés sur Chazaux et Vaisseaux en Vivarais.
Pons d'Allégre, chanoine du Puy, lègue par testament du 5 janvier 1252, 300 sous aux Templiers pour les indemniser des pertes qu'ils disaient avoir subit dans sa guerre avec Guigon de Châteauneuf, doyen du Puy. Un accord est passé entre le Commandeur de Saint Jean du Puy et Marguerite d'Auvergne, Dame de Montlaur, en 1263, sur la justice des mas de Varenne, le Poux et les Fonts. L'administration desdits mas reviendra aux Templiers. Le mas des Fonts près St Privat appartient à l'ordre depuis mai 1224.
Artaud de Faÿ, Commandeur , passe un accord sur les prestations des Hospitaliers avec Estienne Eyraud du village du Poux ( Commune de Vergezac ) le 28 octobre 1336.
Les principaux revenus étaient des cens* et des rentes féodales et foncières qui se levaient sur la ville du Puy et les faubourgs St Jean, à Vals, Espaly, ainsi que sur les paroisses de St Germain Laprade, St Pierre Eynac, Lantriac, Cussac, Solignac sur Loire, Le Bouchet St Nicolas, St Privat d'Allier, et St Jean de Nay.
Bilan des revenus et des charges du baillage pour l'année 1726 :
Devesset 5500
Verrière et dépendances 1780
Le Temple à Roannes (42) 420
St Jean la Chevalerie - Pebellit - La Sauvetat - Gourlong - Freycenet 2625
Montredon 1600
Le temple de Monlhette 1600
St Georges d'Annonay - Ste Epine et l'hôpital de Bourg Argental (07) 1580
   
pour un total de : 15105 Livres



 DEVESSET

La Commanderie de Devesset était sans doute, la plus importante du Grand Prieuré d'Auvergne.
Elle sera Chambre Prieurale jusqu'à la mort de Louis de Lastic ( 1576 ) et deviendra, baillage jusqu'en 1787.
Le premier Commandeur, fut Raynaud de Lapte en 1246.
De nombreuses chartes, reconnaissances et accords régissent la vie de la Commanderie. Divers accords sur des pacages communs en 1306 et l'obtention de droits de justice en 1322, nous font découvrir l'importance déjà acquise par cette Commanderie. Le texte le plus ancien remonte en 1160 avec une donation importante de Pons Humbert, d'un mas et de terres à Noustoulet.
Le 8 janvier 1311, des difficultés opposent les Templiers aux autorités ecclésiastiques sur les limites entre Devesset, le Chambon et sur les dîmes à percevoir.
D'autres transactions de 1332, conviennent du droit de péage et pulvérage* sur St Agréve et du libre passage des détenus conduits par les sergents de Devesset et ratifiées par Armand Vicomte de Polignac. Le bailli du Velay, en vertu de lettres royales du 13 avril 1363, révise le nombres de feux au château de Devesset et les portent au nombre de 12 en raisons des ruines causées par des gens de guerre tant anglais que français.
Le 2 au 27 avril 1414, d'importants débats et transactions opposent le procureur du Grand Prieur d'Auvergne et les hommes de Devesset sur l'opportunité de réparer la tour du château dite " tour du Seigneur".
Il semble que cela continue jusqu'au 22 juillet 1494, ou un accord sur plusieurs points de litige entre les curés de Devesset et du Chambon intervient, notamment sur les droits de sépultures.
Une transaction de 1481, entre Guillaume de Chalus et plusieurs hommes du mandement de Devesset, ou ceux-ci renoncent aux lettres obtenues de la Cour Royale de Montfaucon.
" Ils resteront sujets aux corvées, tant de leur personne qu'avec leurs animaux, soit au château de Devesset, soit aux granges de Maljorn, Choulveto, Arcelleto, à la forme des terriers et reconnaissances, ils verseront une amende de 6 livres tournois à titre de dommages et intérêts et payeront la taille prévue aux terriers."

Une visite du château en 1700 nous informe sur le type de bâtisse :
" De forme carrée, flanquée aux angles de trois grosses tours rondes appelées : St Pierre, Ste Catherine, St Nicolas. Au quatrième coin , une grosse guérite en forme de tour qui forme le cimetière du château. Le revenu de la cure était de 210 communiants tant catholiques que nouveaux convertis ". Un exploit d'huissier signifie à Jean Philibert de Fay de la Tour Maubourg de prêter foi et hommages au Roi pour la baronnie de Devesset en 1740.




 Possessions de Devesset 
Dépendance : Métairie d'Arcelet, de Chalet, de Maujour, de Champagne

  1. 1160 - Donation de Pons Humbert du mas " del rivet", du pré "del goitro", des prés de "vachella" et de tout ce qu'il passede à Nastoulet.
  2. 1246 - Jaucerand de Bouzols vends ses terres du village de Chaumargeais et sur la paroisse de Tence.
  3. 1301 - Divers cens vendus par Armand de Polignac, vente approuvé par Duverger, bailli du Velay et Jean de Aremblayo, sénéchal de Beaucaire et Nîmes.
  4. 1301 - Sentence arbitral entre Pons de Fay, Commandeur et Guiges de Bouzols abbé de St Vosy sur le village de Chaumargeais, les mas de Chomette, Maisonnette et Loubaresse de la paroisse de Tence appartenant à la Commanderie.
  5. 1336 - Droits sur la chapelle N.D de Ste Croix.
  6. 1336 - Plusieurs droits sur la paroisse d'Empurany.
  7. 1339 - 2 maisons à St Fortunat, l'une de Modones la Terrassa et l'autre de Raymond de Mesenco.
  8. 1345 - Droits sur Villeneuve de Devesset, terroir appelé " las fontelas"
  9. 1351 - Pré à la Louvesc
  10. 1383 - Hommage rendu par Louis de Poitiers pour le mandement et château de Devesset.
  11. 1417 - 1 vigne et terre du mandement de Durfort à St Fortunat
  12. 1409 - 1 maison à St Agréve.
  13. 1423 - Dîmes des blés de "despeyras" terroir de Rochepaule, mandement de Devesset
  14. 1479 - Possession d'un bois appelé " les teyssoneyras" à St Agréve.
  15. 1540 - 1 maison à Devesset
  16. 1544 - Reconnaissance passées entre les habitants des paroisses de Champclause, tence, Devesset et St Vosy.
  17. 1583 - 1 pré à Lamastre dit " le Leygassou "
  18. 1656 - Possession de la vallée d'Héréon, mandement de St Fortunat et Durfort
  19. 1671 - Reconnaissances sur Chanteperdrix de Devesset.
  20. 1724 - Forêt de Ruelle.
De 1658 à 1726, Devesset fut affermé pour la somme de 4 500 à 5 500 livres.




 FREYCENET

Le domaine de Freycenet, n'est autre qu'une grange. Elle est citée dans le cartulaire des Templiers en date du 27 mars 1281. Ce domaine, composé, de terres cultivées comportant : "le labourage de quatre paires de bœufs produisant 30 setiers de seigle à l'année, 12 journaux de pâtureaux et une grande étendue de bois et buissons".
Deux vastes tènements dépendaient de ce domaine : Un labourage nommé "le Tourelon" et une étendue appelée " bois de Meaux". Le domaine comptait aussi, des prés et pâtures de " vingt huit journées à faucher". Une "journée" est donnée pour environ 30 ares, soit ( 30 x 100 x 28 = 84000 m2 ).
Jean Amadieu ( ou Amédé ), Commandeur de l'Ordre, fit renouveler le tencier* le 2 janvier 1376. L'administration de haute justice appartenait au seigneur de Cereix. Le Commandeur disposait, lui, de la moyenne et basse justice. Jacques Milly, Grand Prieur d'Auvergne, Commandeur de Freycenet, reçoit les reconnaissances des habitants du Thiolent pour l'année 1449.
La métairie était affermée à deux paysans du Thiolent en 1562, par François de Poyet, au nom de Louis de Lastic, Grand Maître, pour 3 ans au prix annuel de 33 livres tournois. En 1609 il sera affermé 210 livres. Outre le fermage, le fermier devait entretenir le chapelain.
Dès 1616, le membre de Freycenet, "sis au pays d'Auvergne" consistait en une tour carrée dont le rez-de-chassée était occupée par une chapelle dédiée à St Jean Baptiste, d'un four et de deux moulins sur le Saÿ. ( rivière locale ). Elle devient dépendante de la Commanderie de Montredon en 1633. Une visite de 1644, effectuée au nom de jean de Fay de la Tour Maubourg, Commandeur de Devesset, a pour but de faire l'état des lieux du domaine. Mais déjà l'ensemble menace ruine.
La chapelle ne contient plus rien, les portes sont en mauvais état, il manque du plancher et des tuiles. Dans la maison d'habitation, plus une porte ne ferme correctement, il n'y a plus ni meubles, ni plancher. La grange et l'étable sont dans le même état. Seuls, les moulin restent en état de moudre. Même les bois de "Meaux et Garsaby" n'ont plus aucun arbre de haute futaie.
En 1650, le Grand Bailli de Devesset, Jean de Fay de la Tour Maubourg, abandonne au chevalier d'Eyssac, son neveu, les revenus de Freycenet, contre une pension de 150 écus d'or.
De 1658 à 1673 le domaine est compris dans les baux de St Jean la Chevalerie du Puy.
Un acte de prise de possession en date du 10 janvier 1706 attribut ce domaine, ses dépendances et jouissances, à Balthazar Farigoule, Curé de Nay. ( St Jean de Nay ). Enfin en 1726, le domaine est affermé à Mr d'Ally, seigneur du Thiollent pour la somme de 800 livres, lequel sous-affermera les moulins, la grange, et l'ensemble des terres. Il ne reste rien aujourd'hui qui permette de localiser les bâtiments.



 GOURLONG

De cette possession templière, il ne reste qu'un pan de mur et quelques ruines envahies par les arbres et les ronces. On peut apercevoir une pierre portant, gravée, la croix de l'Ordre.
Face à l'allier, à l'entrée du village de Gourlong, cette possession s'ouvrait sur le Gevaudan.
Membre de la Commanderie Saint Jean la Chevalerie du Puy, elle est citée pour la première fois en mai 1163.
Pierre de Mirmande, son épouse et ses fils donne donnent la représentation de toutes justices qu'ils ont sur "Gorc lonc" ( Gourlong ) à Stéphane Isnel, Maître de l'hôpital du Puy.
Ce don est fait le jour de l'entrée dans l'Ordre de Pierre Mirmande comme Frère servant. C'est à ce moment précis que Gourlong devient Commanderie de Saint Jean de Jérusalem. Le château de Mirmande, situé à Saint Jean Lachalm, n'existe plus.
Le 1er mai 1291, une sentence arbitrale entre Guillaume de Montlaur seigneur de St Privat et Mainfroy de Châteauneuf, Commandeur du Puy est prononcée sur la justice de Gourlong.
L'église de Gourlong est sous le patronage de Saint Just.
D'après les terriers et titres, Gourlong dépendait du baillage de Devesset.
En 1616, Gourlong n'est pas visité. Son situation géographique et sa relative importance font qu'elle sera oubliée ou négligée. Une visite de 1723, indique qu'il y avait autrefois une chapelle et quelques maisons, mais " n'avons jugé à propos de faire rétablir attendu qu'il n'y a jamais eu aucun revenu pour l'entretien d'icelle".
Cette Commanderie était en piteux états en 1745, une description rapide nous dit que la chapelle est écroulée et que la cloche qu'elle contenait , pesant environ 50 livres a été transférée à Montredon. Comme dans bien d'endroits, les vestiges ont servis à la construction d'autres maisons.



 CHANTOIN

Par testament, Armand II de Polignac avait légué au Temple tous ses droits sur le mas de Chantoin, en compensation de 50 marcs d'argent. Mais c'est son fils Pons III qui acquitta cette dette en l'année 1170.
En 1190 Pons Cormac renonce a ses bien sur ce mas. Ce document paraît être le plus ancien pour fixer une date sur l'installation des Templiers en Velay.
Etienne et Guillaume de Chantoin vendent au Temple leurs rentes non nobles de ce village.
Jacques de Chazaux se rend donat du Temple du Puy et fait donation aux Templiers de ses droits sur la mas de Chazaux près Chantoin.
En 1210, Armand de Portefaix et ses fils cédent à Armand Mirmande chanoine de St Agréve du Puy et a ses frères, leurs droits sur les châteaux de Mirmande, St Privat, St Romain et Douchanet sous la condition que ceux-ci délaissent au temple leurs droits sur les territoires de Chazaux, Seneujols et Mars ainsi qu'un droit d'usage sur la forêt de Seneujols qu'ils partagent avec le sieur Guillaume de la Rode. La même année, Aude femme de Robert d'Espinasse ratifie la vente de ses terres aux Chazaux. Hugues Palestor se désiste moyennant 10 sous du Puy sur le territoire de Chantoin et Collange. Floque de Mirmande, femme de Béraud de Corde donne aux Templiers du Puy ses droits d'alleu et fiefs à Chazaux et à Collange, moyennant l'admission de son fils Pierre comme donat du Temple et une aumône de 700 sous du Puy.
Dès 1285, les habitants de Seneujols rendent hommage au Commandeur du Temple du Puy. La même année un terrier de reconnaissances est établi entre les habitants des villages de les bineyres, Belvezet, chamard et Seneujols.
Le 14 janvier 1202, Monsieur le Maréchal, Frère Gilbert de Fougères du Cluzeau visite Chantoin pour examiner des différents dans la Commanderie. En 1217, Julien vend sa rente non noble des Chazaux, aux Templiers pour 7 livres.
La même année, Guillaume de Bains vend aux Templiers du Puy pour 27 livres la terre de Collanges qu'il tenait de Béraud de Cordes.
En 1218, Girard de Barbastre donne aux Templiers ses droits sur le mas des Chazaux, Bertrand Brun et Armande, sa femme vendent leurs droits pour 500 sous du Puy.
En 1401, André Guarnand ou Garnaud des Bineyres, paroisse de Bains, donne à la Commanderie de Chantoin, le droit de moudre gratuitement son blé au moulin de Garnaud.
Une sentence, déclare en 1463, que le Grand Prieur d'Auvergne et le Commandeur de Chantoin et Belvezet ont le droit d'interdire aux hommes de Seneujols de faire entrer leurs animaux dans les bois.
En 1615, ce Domaine est affermé pour la somme de 800 livres, l'an. Jean Jacques de la Rochefoucault, Commandeur de Chantoin en 1661, est aussi syndic des Jésuites du Puy.
En 1724, une visite de cette Commanderie nous informe sur ses possessions. Elles se composaient d'une chapelle, maison du granger, de la cuisine dans laquelle se trouve "une cheminée à l'usage de montagne autour de laquelle on se chauffe", et une petite fontaine nouvellement réparée.
L'ensemble est constitué d'une grange avec écurie, jardin, prés, pâturages, terres et bois. On y ajoutera des rentes sur divers domaines comme "les Garnaux" , sur des moulins, maisons et prés.
Le domaine de Belvezet, dépendant de cette commanderie contenait, maison et grange, une étable, un jardins, plusieurs prés sous la dénomination de "Prat du Temple".
L'ensemble des bâtiments en bon état de conservation, sont aujourd'hui occupés par une ferme.


 MONTREDON 

Cette ancienne commanderie qui date du XII° siècle se situait dans le petit village de Montredon à gauche de la D106 à 2,5 km de Bellevue la Montagne dont elle fait partie.
Elle ne contient qu'une église paroissiale et les bâtiments du domaine. Il semble que Montredon soit un démembrement d'Allègre, puisque d'anciennes chartes donnent aux seigneurs d'Allègre le droit exclusif, de faire exécuter les sentences prononcées par le Commandeur de l'Ordre. Des conventions conclues entre Armand, seigneur des châteaux d'allégre et St Just et frère Gui Adémar, Commandeur de Montredon concernent la juridictions du lieu.
En 1643, Just de Fay de Gerlande, bailli de Lyon et Devesset, commandeur de Montredon, demande justice pour des dégradations de ses bois. La sentence du présidial de Riom ( sénéchaussée d'Auvergne ) comdamne Guillaume Carles a être pendu en effigie, André Carles, déchu de son office de notaire et au banissement, enfin Claude Carles a 3 ans de galères.
Frère Marc de la Richardie, Chevalier de L'ordre de Saint Jean est chargé du recouvrement des biens aliénés en 1716.
Il demande la restitution des terres, prés et bois faisant partie de l'ancien domaine de la Commanderie et réclame le payement de la dîme dû à l'Ordre.
La chapelle qui a été longuement et minutieusement étudiée, est aujourd'hui à usage de ferme.
Elle est construite en très belles pierres d'appareil. Seule la voûte est intacte. Cette chapelle est divisée en deux par un plancher. La partie supérieure sert de grange, le rez-de-chaussée d'étable. Le portail principal, démonté au siècle dernier, a été transporté à St Paulien pour servir de porte à la chapelle du couvent de St Joseph tandis que d'autres parties allait à Lissac. Vers les années 1920 les marchands peut scrupuleux, pillèrent ce monument et vendirent les reliques aux antiquaires du Puy et à Paris, notamment des chapiteaux très célèbres et des corbeaux sculptés.
Baux à fermes de Montredon :
550 livres pour 1603
1000 livres pour 1658
1550 livres pour 1718

Ses Commandeurs :

Estienne de Mazard en 1213
Pierre de la Roche en 1254.
Just de Fay de Gerlande en 1643.


 MARLHES

Des ventes et rentes faites à Jocerand de St Didier, en 1200, atteste de la présence des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem à Marlhes (42), mais il n'y a pas d'éléments permettant d'affirmer qu'il y eut une commanderie dans ce village.
Toutefois en août 1270, hommage est fait à l'évêché par la Commanderie du Puy et les Maisons de Bessamorel, Chantoin, Marlhes, Montredon, La Sauvetat que les Templiers possédaient dans le diocèse du Puy.
Chacune de ces Maisons étant Commanderie de l'Ordre, Marlhes devait par le fait être Commanderie.
En Juin 1274, une sentence arbitrale est rendue entre Artaud de la Mastre, prieur de Saint Sauveur en Rue et Jourdain de Cereys, Commandeur des Temples du Puy, et de Marlhettes, relatives aux dîmes des paroissiens de Marlhes, Riotord et Saint Romain la chalm.
Un accord en l'an 1287, entre le seigneur d'Argentan et "la Faya" et la Commanderie de Marlhettes précise que ce seigneur disposera de la haute juridiction sur ses terres, sauf sur les frères du Temple.
La basse justice appartient au Commandeur. Il accorde en outre, le paturage des animaux du Temple sur le mandement de " la Faya ".
En 1339, Raynaud de Fay est noté comme précepteur de Marlhes. Il paraît sur un même acte avec Artaud de Fay, commandeur de l'Hôpital du Puy et Devesset en compagnie de Pons de Fay, chevalier de la Maison de l'hôpital du Puy. Jean Arramiti est cité comme Commandeur du Temple de Marhles le 15 mai 1457. Enfin, par acte de 1518, Marlhes était reconnue, possession Templière.
Les chevalier de Saint Jean avaient une maison à St Romain dite " Maison du Temple".
Cette maison aurait été dépendante au Temple de Marlhes. Le terrier de reconnaissances de frère Jacques de Cordon d'Evieu de 1678, concerne "sa Commanderie de Marlhes" dépendante du baillage de Devesset. Ces reconnaissances proviennent des paroissiens de Marlhes, Riotord et St Romain la Chalm.
Une visite de 1700 nous fait découvrir la bâtisse : " La chapelle est longue de 6 toises, large de 3. La maison comptait deux étages, deux greniers et étables, un grand corps de logis à trois étages, un petit jardin et un moulin."
En 1760, St Romain était encore appelé " mandement du Temple". Bien que nous n'ayons pas de précisions sur le statut de Marlhes, il est difficile de ne pas considérer ce site comme une Commanderie.


 BESSAMOREL

Les Templiers de Saint Jean de Jérusalem vendirent à Noble Jousserand de Saint Didier une rente de neuf sous qu'ils percevaient à Montmariol et Montsarazin.
Deux mas situés à St Didier. Ils confirment leurs possessions des mas de Reynauderie, du mont soubeyra et de Pissatelle.


 LA SAUVETAT

Guillaume de la Roue, évêque du Puy, autorise les Templiers à faire construire une chapelle avec cimetière à La Sauvetat dès août 1270. C'est par une sentence arbitrale du 5 février 1248, rendue par Eracle de Montmaur entre les Templiers du Puy et Raymond de la Faye que les Templiers du Puy sont autorisés à bâtir à la Sauvetat moyennant 500 sous du Puy payés audit Raymond.
Ce même Eracle de Montmaur, dit "le vieux" donne ses terres sur le terroir de La Sauvetat au Templiers du Puy en 1252.
Gilbert, seigneur de Goudet, vend ses terres aux Templiers, au terroir de "Vergas" pour la somme de 8 000 sous du Puy en 1253. La veuve de Bertrand Rouor, vend toutes ses terres situées à La Sauvetat en l'an 1263. Une sentence de 1286, de Frère Guillaume, Commandeur de La Sauvetat, condamne au pilori, Jean Beus de "Lapalissa", reconnu coupable de vol.
La Commanderie acquiert en 1313 une pièce de terre sis à "La Valette".
A partir de 1327, une convention passée entre les Commanderies de Devesset, Le Puy, La Sauvetat, leur donne la juridiction de La Sauvetat en commun. Ils établissent deux foires et 1 marché par an, dont les produits sont partagés entre eux. Ils feront commun, des mesures pour le blé et les légumes.
Le 12 décembre 1403, une interdiction est faite aux habitants de La Sauvetat de faire paître leurs animaux sur un pré dit "del ceron". La présente interdiction est approuvée par Jean Mathey, Commandeur de La Sauvetat.
En 1467, ce sont des accords de propriétés sur des prés "prat daucelha et la Malanteyra".
Le 20 août 1550, le membre de La Sauvetat est donné aux Chevaliers de Malte par les frères Pierre Dumont et Pierre des Roches.

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